Allée de poiriers en fleurs
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Muguet en forêt de Ferrières
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Allée de la Ferrandière
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Bousier en forêt de Ferrières
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Ferrières - Les coulisses d’une forêt laboratoire

  • Statut du grand projet : En cours
  • Territoire(s) concerné(s) : Ferrières

Concilier large ouverture au public et préservation des espaces naturels, c’est la mission que c’est fixée l’Agence des espaces verts en forêt de Ferrières. Située en Seine-et-Marne, aux portes de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, ce massif constitue une respiration essentielle à l’est parisien. Sous l’impulsion de l’AEV, il devient plus que cela : un laboratoire durable et exemplaire unique en France.

Propriété de l’AEV depuis 1973, Ferrières est la plus grande forêt gérée par l'Agence. C’est aussi, après Fontainebleau et Rambouillet, le plus vaste massif forestier d’Ile-de-France. Sa position d’interface entre l’urbain et le rural encourageait par ailleurs la conduite d’expériences de gestion innovantes, quitte à surprendre.

D’ailleurs Ferrières est une sorte de forêt laboratoire depuis le XIXème siècle. Ancienne propriétaire du château et d’une partie de la forêt de Ferrières depuis 1829, la famille de Rothschild avait déjà innové à sa manière. Pas uniquement à travers l’architecture à l’anglaise du château, témoignage du second Empire unique en son genre en Île-de-France. Mais aussi par les plantations, notamment l’allée de séquoias, les cèdres bleus, les hêtres pourpres et les 27 km de haies qui longeaient la propriété. Autre legs de la famille : des cerfs sika introduits à l’origine dans le parc du château. Originaire d’Asie orientale, le majestueux animal, devenu l’emblème de la Ville de Pontcarré, gambade désormais en liberté dans la forêt.

L’étendue, l’emplacement entre ville et campagne et la tradition innovante de cet immense massif forestier sont donc à la genèse de ce chantier pilote, nommé « Ferrières, forêt laboratoire ». Accéléré par l’arrivée à terme du Plan de gestion sylvicole, il affiche un double enjeu : valoriser la forêt pour accroitre sa fréquentation, tout en sensibilisant le public à la gestion durable et innovante voulue par l’AEV.

Accueillir un public plus nombreux…

 La raison est d’abord historique : les forêts de Rambouillet et de Fontainebleau – premier Parc naturel au monde – sont publiques depuis très longtemps. Ferrières n’est accessible que depuis 1973. L’Agence l’a acquise pour protéger le territoire de la pression urbaine croissante mais aussi, précisément, pour mieux en faire profiter le public. L’étude de fréquentation menée en 2008-2009 a d’ailleurs permis de mieux en cerner les attentes.

Premier point : l’accessibilité. Aujourd’hui, 80% des visiteurs viennent en voiture, 12% en vélo et…0% en transports en commun. Pour promouvoir une mobilité plus durable, l’AEV étudie donc, en partenariat avec la SNCF, la possibilité de louer des vélos dans les gares proches ou de les embarquer dans les trains. L’accès en voiture ne pouvant être supprimé, les équipes travaillent sur des parkings directement connectés à certains chemins de promenade. Précisons que chaque action d’aménagement et d’entretien se fait dorénavant sans bitume et sans produit chimique.

Deuxième enjeu : une meilleure valorisation de l’existant. L’étude révèle que Ferrières, dont les 2/3 des visiteurs sont pourtant des riverains (les ¾ sont Seine-et-Marnais), est mal identifiée. Les personnes interrogées ne lui voient pas de caractère remarquable, malgré une réelle diversité des paysages (forêt familière, forêt sauvage, forêt domestiquée, carrière…). Quant aux études archéologique, sylvicole, paysagère et écologique, menées entre 2005 et 2010, elles ont révélé une flore, une faune et une histoire remarquables. « Pour identifier ses ambiances, chaque m2 de la forêt a été parcouru. Nous avons même recouru au scanner aéroporté, un outil rare qui permet d’identifier d’anciennes traces historiques sur le site », explique Eric Goulouzelle, Directeur général adjoint de l’AEV.

Il s’agit enfin d’étendre les usages de la forêt. Détente, loisirs et sport sont les activités traditionnelles pratiquées à Ferrières, essentiellement en famille. Le projet de « forêt laboratoire » veut s’adresser à un public plus large : les passionnés de nature (signalétique et mobiliers pédagogiques, projet d’habitat en forêt avec empreinte écologique nulle…), les jeunes (audio guides téléchargeables sur smart phone…) ou les personnes atteintes de handicap (panneaux en braille, possibilité de charger des fauteuils roulants sur quads électriques…). Sans oublier les amateurs d’art. De mai à septembre dernier, Ferrières a ainsi accueilli, pour le plus grand bonheur des promeneurs, l’exposition de l’artiste Jean-Marc Forax, qui a livré sa vision graphique de la forêt.

… et sensibilisé aux nouveaux enjeux de la forêt durable.

Au-delà de l’accroissement de sa fréquentation, l’enjeu de « Ferrières forêt laboratoire » est de diffuser une éducation « multi-usages » de la forêt qui passe une évolution des perceptions. Le public urbain, devenu très sensible à ses forêts, est presque choqué à chaque fois qu’un arbre est coupé. Il appartient à l'AEV d’expliquer de façon pédagogique la façon dont elle gère et exploite Ferrières. Expliquer par exemple la manière dont elle va faire cohabiter des zones d’exploitation avec des zones non exploitées, où la nature reprendra tous ses droits. Tout en mesurant, après quelques années, les conséquences faunistiques et floristiques de ces initiatives.

De telles actions en faveur de la biodiversité vont se multiplier. Une réserve biologique intégrale, excluant toute présence et toute action humaine est par exemple à l’étude.

Il est également envisagé de suspendre le « drainage », aux bords de certains rus (150 hectares concernés) pour revenir à des conditions de nature moins contraintes, restaurer les nappes d’eau et réintroduire une biodiversité liée aux milieux humides (aulnes, frênes…).

Autre mesure porteuse de biodiversité associée : porter la durée de vie des chênes de 120-140 à 200-220 ans pour augmenter le volume de carbone fixé. Cette idée, dont la portée est également économique, est actuellement en discussion.

« L’ambition est de développer sur place un véritable « métabolisme territorial » fondé sur des circuits courts, résume Eric Goulouzelle. La carrière, à proximité, sera par exemple restaurée. Son sable équipera nos chemins et parkings et l’on peut espérer le retour des hirondelles de rivages qui nichent dans les falaises sableuses ».

Dans cette gestion différenciée, la filière bois a toute sa place. L’AEV entend y participer en utilisant, par exemple, le fruit des dépressages ou de la taille des 27 km de haies, pour des chaudières à bois avoisinantes. Le reste des matières organiques – les « rémanents » - serviront à enrichir l’humus.

Quant au bois de Ferrières, l’AEV désire que des clauses de vente soient rédigées pour permettre son utilisation dans un périmètre limité. Et chaque mobilier (signalétique, bancs, tables, barrières…) devra être fabriqué avec des essences issues de la forêt.

Après le label européen PEFC, l'Agence espère obtenir prochainement la certification internationale FSC qui garantit la gestion durable de Ferrières. Si tel était le cas, ce serait la première forêt publique française à décrocher ce label.

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